Pourquoi je dois créer – refusant d’être interchangeable !
- Sweetie

- 18 janv.
- 8 min de lecture

Nous vivons à l’ère de la pure consommation. Chaque écran nous convie à prolonger notre errance sans fin : un flot ininterrompu de divertissements, de colères préfabriquées, d’oublis consentis. Le geste le plus élémentaire – glisser le doigt – se mue en boucle infernale : une image séduit, une indignation nous happe, un rire nous retient, et déjà surgit la suivante, promettant davantage de plaisir ou de vertige. Rien n’est laissé au hasard. Chaque notification, chaque sursaut imprévu libère sa petite décharge de dopamine, nous enjoignant de poursuivre, encore et toujours, comme si s’arrêter revenait à affronter un abîme.
Consommer est aisé, presque animal. Il suffit de se laisser porter : aucun effort, aucun choix douloureux, aucun risque d’échec. Le monde se réduit à ce rectangle lumineux qui devine nos envies avant nous, flatte nos curiosités les plus fugitives, noie nos silences sous un vacarme permanent. Nous devenons spectateurs passifs de nos existences, consommateurs d’émotions toutes prêtes, âmes à la dérive dans un carnaval numérique où tout est jetable – idées et sentiments confondus.
Créer, en revanche, exige tout le contraire. Pas ces productions futiles qui suivent la tendance, recyclent, réchauffent, débitent en série le contenu du mois – non. Il s’agit de s’arrêter net, de résister à l’appel du scroll, de faire face au silence que l’on fuyait. Affronter la page vierge, le doute qui susurre l’inutilité, l’imperfection qui affleure dès le premier geste. Créer vole du temps au confort, oppose de la discipline à la facilité, de la patience à l’immédiat. C’est une rébellion muette contre cette économie de l’attention qui nous veut perpétuellement distraits, vidés, mais jamais vraiment là.
Et pourtant, c’est dans cet effort même que se tient notre dignité : refuser d’être seulement consommé, redevenir créateur – ne serait-ce qu’à petite échelle ; choisir de laisser une trace, si infime soit-elle, plutôt que de se dissoudre dans l’anonymat du flot.
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